Catherine Ursin : Ma grand-mère est sortie de sa tombe ou le sacrifice des femmes

Exposition de Catherine Ursin sur la violence actuelle en particulier celle infligée aux femmes. Sculptures de fer, boîtes à souffrances et peintures recousues, ex-voto pour une visite au cimetière des blessés de la vie.

Exposition photographique

Les marquages de Catherine Ursin

 

Au commencement était la peau.

Sur les paysages de la chair intime se cachent les durs dessous de la vie, et sur la peau des femmes, venues du dedans et nées des secrets de vie, d’affolantes cicatrices verbales, éphémères et sidérantes. Les mots les plus durs, les plus doux, les plus terribles, et les plus dénonçants. Talismans vitaux d’ombre et de sang.

 

Catherine Ursin ne cherche à séduire. Elle ne sacrifie jamais à la séduction des apparences. Les jeux du féminin fabriqué sont anéantis, car ils n’ont plus lieu d’être. Elle fouille l’opacité pour faire surgir de sombres révélations. Le fond et la forme font couple. Peu de lettres, tracées à la hâte, en larmes de silence, imposent d’âpres révélations, et quelques vocables, parfois usés, parfois brûlés, disent un essentiel affolant de vérité.

 

Catherine Ursin a pris le vif d’une parole plurielle, anonyme, saccagée et sublime. Le corps ne sait pas mentir. Grains de beauté, grains de mots et grains de mort-vie s’étreignent. Ces énigmatiques parchemins de vie, entre traces et plaies, humour et surgissements, brûlent nos certitudes et nos hypocrisies.

 

74 photographies, lourdes de mémoire ancienne, et chargées d’extrême vie, font un saisissant parcours d’humanité. Au bout d’un voyage sans retour, ultime et définitif, les photographies ont disparu. Il n’y a plus que des îles de mots rares sculptés au scalpel, et d’insupportables témoignages macérés du dedans, et sacralisés sur les dehors dévoilés de la peau. La parole du féminin, sans cri et sans violence, éclate violemment au creux de nos regards. Face-à-face puissant, éprouvant et salutaire.

 

Une main, un ventre, un sein, une épaule, et quelques mots épars signent les éclats d’un corps qui fut solaire. L’œuvre de Catherine Ursin vit de ces braises chaudes. Les mots fragiles disparaissent dans l’immensité de la peau. Ils maculent nos mémoires. A l’arrache.

Christian Noorbergen

 

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Vues de l'exposition à la 5ème BHN - galerie La Forge - Lyon - octobre 2013
 

 

 

 

© Catherine Ursin - Toutes les oeuvres présentées ne peuvent être utilisées sans autorisation écrite de l'auteur

 

Remerciements à : Raymond Quai, Mélanie Stoll, Loren, Guy Dallevet, au groupe moteur de la 5BHN, Etienne Buhler, Picto et particulièrement Elizabeth Hering et Sylvie Besnard, la mystérieuse mécène, Hortense Yé, Diane Silvère, Baptiste Brun, Antoine Girard, Christian Noorbergen, toutes celles et ceux, tropnombreux pour les citer, mais elles et ils se reconnaîtront, qui m’ont épaulée de loin ou de près dans cette aventure et surtout à toutes les femmes impliquées à mes côtés, sans qui cette exposition n’aurait paspris corps, avec une profonde pensée pour ma mère.

 


Publié à 22:18, le vendredi,
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