Catherine Ursin : Ma grand-mère est sortie de sa tombe ou le sacrifice des femmes

Exposition de Catherine Ursin sur la violence actuelle en particulier celle infligée aux femmes. Sculptures de fer, boîtes à souffrances et peintures recousues, ex-voto pour une visite au cimetière des blessés de la vie.

Expositions :

Le 39/93 présente "Marquage(s)", une installation photographique de Catherine Ursin du 3 au 12 juin 2016 - Vernissage le vendredi 3 juin à partir de 18h
Ouvert tous les jours de 14h à 20h 39, rue Carnot 93230 Romainville Métro : Ligne 11 - Mairie des Lilas (Terminus) - Bus : 105 ou 129 (arrêt : Place Carnot)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2010 - 2013 : "Marquage(s)"  Mémorial de "mots" de femmes - Photographies "abimées"

2011 - 2012 : "Terres brûlées" - Installation, sculptures et vidéo

2008 - 2012 : "Ma grand-mère est sortie de sa tombe ou le sacrifice des femmes" Installation, sculptures de fer, boîtes à souffrances, peintures recousues et ex-voto

 

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Publié à 15:45, le vendredi,
Mots clefs :

Installation & performance

"Terres brûlées"

Le titre fait référence à une tactique guerrière du même nom, tactique de destruction. La satî et le bûcher sont encore pratiqués et s’immoler par le feu reste un acte volontaire de protestation, de revendication et de révolte. Trois femmes (Josiane, Lalmati & Rubi) qui semblent danser, courir ou invoquer leurs dieux seront brûlées et seules resteront les carcasses...

 

 

© Catherine Ursin - Toutes les oeuvres présentées ne peuvent être utilisées sans autorisation écrite de l'auteur



Publié à 11:36, le vendredi,
Mots clefs :

Exposition photographique

Les marquages de Catherine Ursin

 

Au commencement était la peau.

Sur les paysages de la chair intime se cachent les durs dessous de la vie, et sur la peau des femmes, venues du dedans et nées des secrets de vie, d’affolantes cicatrices verbales, éphémères et sidérantes. Les mots les plus durs, les plus doux, les plus terribles, et les plus dénonçants. Talismans vitaux d’ombre et de sang.

 

Catherine Ursin ne cherche à séduire. Elle ne sacrifie jamais à la séduction des apparences. Les jeux du féminin fabriqué sont anéantis, car ils n’ont plus lieu d’être. Elle fouille l’opacité pour faire surgir de sombres révélations. Le fond et la forme font couple. Peu de lettres, tracées à la hâte, en larmes de silence, imposent d’âpres révélations, et quelques vocables, parfois usés, parfois brûlés, disent un essentiel affolant de vérité.

 

Catherine Ursin a pris le vif d’une parole plurielle, anonyme, saccagée et sublime. Le corps ne sait pas mentir. Grains de beauté, grains de mots et grains de mort-vie s’étreignent. Ces énigmatiques parchemins de vie, entre traces et plaies, humour et surgissements, brûlent nos certitudes et nos hypocrisies.

 

74 photographies, lourdes de mémoire ancienne, et chargées d’extrême vie, font un saisissant parcours d’humanité. Au bout d’un voyage sans retour, ultime et définitif, les photographies ont disparu. Il n’y a plus que des îles de mots rares sculptés au scalpel, et d’insupportables témoignages macérés du dedans, et sacralisés sur les dehors dévoilés de la peau. La parole du féminin, sans cri et sans violence, éclate violemment au creux de nos regards. Face-à-face puissant, éprouvant et salutaire.

 

Une main, un ventre, un sein, une épaule, et quelques mots épars signent les éclats d’un corps qui fut solaire. L’œuvre de Catherine Ursin vit de ces braises chaudes. Les mots fragiles disparaissent dans l’immensité de la peau. Ils maculent nos mémoires. A l’arrache.

Christian Noorbergen

 

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Vues de l'exposition à l'Espace Christiane Peugeot - Paris - mars 2014

 

 

 

 

 

Vues de l'exposition à la 5ème BHN - galerie La Forge - Lyon - octobre 2013
 

 

 

 

© Catherine Ursin - Toutes les oeuvres présentées ne peuvent être utilisées sans autorisation écrite de l'auteur

 

Remerciements à : Raymond Quai, Mélanie Stoll, Loren, Guy Dallevet, au groupe moteur de la 5BHN, Etienne Buhler, Picto et particulièrement Elizabeth Hering et Sylvie Besnard, la mystérieuse mécène, Hortense Yé, Diane Silvère, Baptiste Brun, Antoine Girard, Christian Noorbergen, toutes celles et ceux, tropnombreux pour les citer, mais elles et ils se reconnaîtront, qui m’ont épaulée de loin ou de près dans cette aventure et surtout à toutes les femmes impliquées à mes côtés, sans qui cette exposition n’aurait paspris corps, avec une profonde pensée pour ma mère.

 



Publié à 11:18, le vendredi,
Mots clefs :

Installation

 "Ma grand-mère est sortie de sa tombe ou le sacrifice des femmes"

Catherine Ursin propose une réflexion sur la violence actuelle en particulier celle infligée aux femmes. L'espace s'emplit de sculptures de fer, de boîtes à souffrances et de peintures recousues, ex-voto pour une visite au cimetière des blessés de la vie.

 

"My grandmother is out his grave or the  women's sacrifice"

Catherine Ursin is taking hold of the place for a meditation on current violence, especially brutality against women. The place is filled with iron sculptures, suffering boxes and sewn up again paintings, ex-voto for a visit to the graveyard of lifelong hurt people.

 

"Mi abuela salió de su tumba o el sacrificio de las mujeres"

Catherine Ursin se apodera del lugar para reflexionar a proposito de la violencia actual, en particular la que se inflige a las mujeres. El espacio se llena de esculturas de hierro, de cajas a sufrimientos y de pinturas recosidas, ex-voto para una visita al camposanto de los heridos por la vida.

 

"Extraits du cahier de réflexion :

 

 

Je n'ai pas d'âge : je suis une petite fille violée dès mon berceau, je suis une jeune fille à l'avenir brisé par les viols, je suis une mère de famille disloquée par les violences sexuelles, je suis une vieille femme déshonorée et avilie par des inconnus. Ils m'ont violée devant mes parents, mes enfants, mon mari, mes amis, mes voisins et même dans la rue. Je n'ai pas de visage, je n'ai plus d'âme, je n'ai plus de vie... Je n'ai plus de sourire, je n'ai que des pleurs. Déclaration de la femme congolaise sur les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.

 

 

Mes yeux pourraient voir dans le noir, s'ils ne se heurtaient à des ruines.

Paul Eluard - Pour vivre ici dans Le livre ouvert.

 

femme-cancer - femmes pendues - femmes noyées - femme recousue - femme qui ne parle plus - bouches cousues - paupières cousues - sexes cousus - ventres cousus - femmes attachées - femme brisée - femme attachée à la mort - femme clouée - femme mangée - femme dévorée par les charognards - le cancer - les loups - femme découpée - femme au coeur cousu, recousu, écorné, chiffonné - femme morte - femme poussière - femme effondrée - femme malade - femme folle - femme habitée - femme-oiseau - femme-crapaud - femme clouée - femme ensorcelée - femme sorcière - femme entière - femme sauvage - femme en flammes - femme brûlée, femme séparée, femme découpée - femme endeuillée - femme noire, femme rouge - femme sang - femme en colère, femme perdue, femme transparente - femmes disparues...

 

 

 Installation "Ma grand-mère est sortie de sa tombe"

dimension variable (ici : 218 x 285 x 300 cm)

Bidon, fil de fer, poêle, ossements, croix, gravats....

 

© Catherine Ursin - Tous droits réservés

 

    Pour l'installation présentée ici, Catherine Ursin exhume sa grand-mère, femme sacrifiée en son temps, pour une cérémonie expiatoire.
Cette exhumation se pare de la pompe qui sied à tout rituel funèbre. Car rituel il y a. Et la figure de l'aïeule joue ici le rôle de pivot. Autour de cette figure matriarcale, rendue effrayante par la dimension surnaturelle de l'invocation, vivante mais toujours morte, un zombie en quelque sorte, défile le cortège des violences – horreurs bien réelles cette fois – qui sont infligées à la gent féminine.
Cette mise en scène consacre l'artiste en maître de cérémonie vaudou. Ursin se fait sorcière. Son esprit s'associe avec celui de l'ancêtre dans une résonance atavique prêtant une puissance – oh ! combien magique – à celle qui mène la danse.
Tout comme le prêtre haïtien et le sculpteur qui le seconde (elle cite Georges Liautaud), elle conjure le mal par l'opération mimétique. Des rites sont inventés et mis en pratique, comme dictés par des forces chtoniennes.
Énumération des opérations magiques : découper, cisailler, limer, cisailler, cisailler, grignoter, couper, marteler, abraser, entailler, plier, plier, grignoter, entailler, clouer, clouer, coudre, limer, percer, brûler.
Longue litanie d'une chirurgie violente, à laquelle fait écho celle des outils du rite : ciseau, pointe, fil de fer, meuleuse, perceuse, marteau, perceuse, fil de fer, fil de fer, fil de fer, pince, clou, aiguille, fil de fer.
L'artiste est sorcière, des étincelles jaillissent. Elle transfert son immense courroux sur la matière (métal, métal, métal). Sacrifice, exorcisme toujours. De victime, elle devient bourreau.
« I want to kill you, but I can't » écrit-elle, désabusée.
La violence engendre la violence, mais une violence déplacée. La vengeance s'exprime dans le martyr des feuilles métalliques qui grincent, hurlent, se contractent, se démembrent.
Re-présenter cette violence, pour la mieux conjurer.
Montrer cette Femme, humiliée, battue, assassinée, comme métonymie, « symbole de toutes les minorités bafouées ».
Les trois Erynnies pendues témoignent de cette furieuse envie d'obtenir réparation. Il est d'ailleurs étrange de retrouver la silhouette affolée de la Gorgone archaïque du fronton du temple de Corfou, dans une des boîtes brûlées par la maîtresse des maléfices. Curieux hasard. Le « monde d'en dessous » a ici une place de choix, nécessaire.
Le chien psychopompe avec lequel Ursin danse si souvent, lui révèle les voix des oubliées de Kinshasa, Ciudad Juarez ou Old Delhi. De ces anonymes ne subsistent rien, au mieux des croix sans nom, sans date, sans identité.
Oiseaux de malheur, larmes de sang, tripes et boyaux révélés, pendues, boîtes carbonisées, cages grillagées sont autant d'ex-voto témoignant de la transe, du désir de guérison. C'est à nouveau l'énumération qui préside : la liste des sévices infligés, ici ou ailleurs, est atrocement longue. La femme est assimilée aux crapauds, rats et corbeaux écrasés sur les bords de route. Destin de bête, mis en avant dans des peintures matiéristes mises en œuvre sur des supports de kraft corrompus par les salissures, où l'intention rituelle subsiste toujours : elle a frotté ces grandes feuilles sur le bitume, les a maculées de boue avant de les éclabousser de rouge sang. 
L'agitation viscérale est omniprésente. Ainsi de ces femmes se masturbant avec frénésie, inlassablement figées dans la recherche désespérée d'un désir jamais assouvi, blanches comme la douleur.
On sent parfois une désillusion terrible.
    Mais l'investissement total de Catherine Ursin, se plongeant corps et âme dans la création, nous montre à quel point cette condition féminine est intolérable, et que la lutte est essentielle afin de dépasser cette constante déshumanisation. Il s'agit d'être là, présent, et de ne pas se laisser aller à la barbarie qui sévit en ce bas monde.

Baptiste Brun 

 

 

"Boîtes à souffrances"

 

Honorine (17 x 30 x 5 cm)

 

 

Eugénie (50 x 29,5 x 10 cm)                                                           Albertine (55 x 21,5 x 8,5 cm)

 

 Kavidha (26 x 33 x 9 cm) 

 

       Dolores (33 x 26,5 x 15 cm)                                             Martine, Eugénie et Marie (35 x 36 x 4 cm)

   

Louise (32 x 19,8 x 7,5 cm)                                                       Emily (35 x 27 x 8,5 cm) 

 

 Zemri (22 x 18,5 x 6,5 cm)                                                Frida (25 x 18,5 x 6,5 cm)

 

Renée (18,5 x 11,5 x 7,5 cm)                     Dora (50 x 38,5 x 10,5 cm) Boîte sonore : pleurs

 

Zina (70 x 42,5 x 20 cm) Recto-Verso

 

Une plainte s'échappe d'un coffret de bois accroché au mur. On ne voit pas la pleureuse qui y est enfermée. Elle est porteuse d'un chagrin si ancien qu'il ne lui en reste que les sanglots. Dora, prisonnière d'une boîte à malheur, donne de la voix pour ses sœurs muettes : Eugénie, Martine, Marie, Honorine… Ces femmes qui souffrent, Catherine Ursin les a réunies autour d'une grand-mère symbolique. Trait d'union entre notre monde et les enfers, l'aïeule est sortie de sa tombe sans colère mais avec la longue liste des supplices et des victimes. L'hécatombe est telle que le cimetière est empli de croix anonymes… L'artiste tutoie depuis longtemps la puissance de la nature. Elle se fait disciple des forces telluriques quand elle découpe, martèle et cisaille le métal. Elle passe dans le camp des sorcières quand elle habille ses œuvres d'os, de plumes ou de dents… Et se fait exorciste pour cette exposition, aboutissement d'une réflexion au long cours sur la violence. La violence, non comme projet, mais présence sournoise, constat effarant, serpent roublard qui traverse les vies et les corps. Sur l'échelle de la démesure, le sacrifice représente la brutalité extrême car il exige l'adhésion de sa victime. Au commencement était le destin. Comment a-t-il pu devenir fatalité ?

 

 Armelle Bajard - ArtsThree Le premier quotidien en ligne dédié à l'art contemporain

 

 "Peintures recousues"

 Rattus - Afrique - Corvus - Amérique - Bufo - Asie

180 x 82 cm chaque - Sac à pain, boue, acrylique

 

© Catherine Ursin - Toutes les oeuvres présentées ne peuvent être utilisées sans autorisation écrite de l'auteur  

 



Publié à 12:09, le dimanche,
Mots clefs :

Photos de l'exposition

 "Résonance atavique" - Fenêtre sur l'art - Donnemarie-Dontilly - Novembre 2012

 

fenêtre sur l'art - Résonance atavique1

 

Résonance atavique2

 

Résonance atavique2

 

Résonance atavique3

 

Galerie La Rage - Lyon - Mars 2010

"Ma grand-mère est sortie de sa tombe ou le sacrifice des femmes" Installation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Catherine Ursin - Toutes les oeuvres présentées ne peuvent être utilisées sans autorisation écrite de l'auteur  



Publié à 11:00, le dimanche, Lyon
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